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informations RE2020

Comprendre la RE2020

A partir du 1er janvier 2022, la RT2012 sera remplacée par la RE2020. La RE2020 a pour objectif de suivre la Stratégie Nationale Bas-Carbone instaurée par la loi de transition énergétique pour la croissance verte. Ces objectifs consistent à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 75% en 2050 par rapport à 1990 et à stocker du carbone afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050 (29).

Les informations inscrites dans ce rapport sur la RE2020 proviennent d’une conférence de présentation de la RE2020 réalisée par le Centre d’Etudes et d’expertise sur les Risques, l’Environnement, la Mobilité et l’Aménagement (CEREMA) (30).

La RE2020, comme l’a été la RT2012, représente un changement majeur de la réglementation. Le passage de la réglementation thermique 2012 à la réglementation environnementale 2020 signifie que les bâtiments ne vont plus être étudiés uniquement selon leurs performances thermiques mais que l’impact environnemental sera pris en compte.

La RE2020 est pour cela construite autour de trois axes qui sont la performance énergétique, le confort d’été et la performance environnementale. Afin de suivre ces trois axes, la conformité d’un bâtiment à la RE2020 est vérifiée avec cinq indicateurs : le besoins bioclimatique (Bbio) ; la consommation en énergie primaire non renouvelable (Cep,nr) ; la consommation en énergie primaire (Cep) ; l’impact carbone sur le changement climatique des consommations d’énergies (Ic énergie) et l’impact carbone des composants du bâtiment (Ic construction).

La performance énergétique

La performance énergétique est tout d’abord définie par le Bbio. Le changement majeur dans la détermination du besoin bioclimatique est la prise en compte systématique des besoins de climatisation, peu importe la position géographique et l’usage du bâtiment. La valeur du Bbio n’est pas directement comparable à celle de la RT2012 étant donné que la surface de référence passe de la SRT à la SHAB. Les exigences sur le Bbio sont fortement renforcées, le besoin bioclimatique maximal est réduit d’environ 30%.

Le second indicateur, la Cep, permet de mettre un seuil sur la consommation globale du bâtiment. La Cep comptabilise toutes les consommations d’énergies importées. Comme pour la RT2012, ces énergies sont pondérées par un coefficient. En effet, en fonction de l’énergie utilisée, il faut plus ou moins d’énergie primaire. La conversion de l’énergie primaire vers l’énergie utilisée engendre de nombreuses pertes d’énergie liées à la transformation de cette énergie ou au transport.

Le confort d’été

L’abandon de l’indicateur représentant le confort d’été (Tic depuis la RT2000) pour le degré-heure fait partie des changements importants de la RE2020. La Tic prend en compte exclusivement les cinq jours les plus chauds en vérifiant si la température intérieure ne dépasse pas une valeur seuil. Le degré-heure, quant à lui, se base sur les données annuelles. Il prend en compte l’intensité et la durée de l’inconfort liées à une température trop importante. Cet indicateur tient compte également d’une période caniculaire afin d’être cohérent avec les conditions climatiques des années à venir. La sensation d’inconfort en été est variable en fonction des températures des jours précédents. Dans le cas d’une augmentation soudaine de la température, la sensation d’inconfort liée à la chaleur sera plus importante que pour une température intérieure ne subissant pas une forte augmentation. Pour prendre en compte ce phénomène, la température de confort est fixée à 26°C la nuit entre 23h et 6h, elle est en journée modulable en fonction de la température de la veille et est fixée pour une journée donnée entre 24°C et 28°C. Pour la détermination du nombre de degrés-heures, on additionne pour chaque heure d’occupation du bâtiment de l’année la différence entre la température intérieure et la température de confort. Il existe des scénarios d’inoccupation afin de simuler les moments de la journée où le bâtiment n’est pas occupé.

Pour les maisons individuelles, la RE2020 comporte deux seuils pour les degrés-heures. Un premier seuil de 1250 degré-heures annuels à respecter dans tous les cas. Si le nombre de degrés-heures est supérieur à ce seuil, la maison subira trop d’inconfort, elle sera non conforme. Le second seuil se situe à 350 degrés-heures. Ce seuil permet de prendre en compte les besoins de froids. Pour les maisons entre 350 et 1250 degrés-heures, une consommation liée au besoin de climatiser est ajoutée dans la Cep. Ce nouveau besoin est proportionnel à la différence entre le nombre de degrés-heures du bâtiment et le seuil bas. Le coefficient de proportionnalité varie en fonction de l’usage du bâtiment et de la situation géographique. Il peut atteindre au maximum 12 kWhep/m².an, ce qui représente 17% de la Cep maximum moyenne. Pour les maisons en dessous de 350 degrés-heures, on considère qu’il n’est pas nécessaire de climatiser, la Cep n’est donc pas impactée par le besoin de froid. Le seuil de 1250 degrés-heures sera modulé à 1850 degrés-heures pour les bâtiments où l’environnement rend le besoin de froid plus important. Les bâtiments concernés sont ceux équivalent à la catégorie CE2 de la RT2012 présentés dans le tableau 1. Pour les logements collectifs, le fonctionnement est similaire avec un seuil maximal à 1250 degrés-heures qui est modulé en fonction de la taille du logement et de la catégorie CE1 ou CE2 du bâtiment.

La performance environnementale

La performance environnementale est établie à l’aide de l’indicateur Cep,nr. Cet indicateur comptabilise toutes les consommations d’énergies non renouvelables importées. Le lien avec la performance environnementale est le suivant : le seuil autorisé pour le Cep,nr étant plus bas que le seuil du Cep, ce qui pousse à réduire la consommation d’énergies non renouvelables. Une possibilité pour cela est d’améliorer de façon importante l’isolation du bâtiment. Cette solution étant contraignante à mettre en place, la seconde solution consiste à augmenter la part des énergies renouvelables du projet. Cet indicateur vise à remplacer l’obligation de consommation de 5 kWhEP/(m².an) d’énergies renouvelables de la RT2012.

Les deux autres indicateurs de la performance environnementale, contrairement aux indicateurs décris précédemment, ne sont pas des évolutions d’indicateurs à respecter pour la RT2012.

L’indicateur Ic énergie vise à déterminer l’impact sur le changement climatique du bâtiment tout au long de sa durée de vie, fixée à 50 ans. Il mesure durant la phase d’exploitation du bâtiment les émissions de gaz à effets de serre équivalentes à l’énergie consommée. Pour cela, il est égal à l’énergie consommée multipliée par l’impact carbone de cette énergie.  Il est mesuré en kg de CO2 équivalent émis dans l’environnement par m² et par an.

Enfin, l’indicateur Ic construction regroupe deux indicateurs. Le premier est lié aux composants, qui sont l’ensemble des produits de construction et d’équipements. Il prend en compte les émissions équivalentes de CO2 de tous les matériaux constituant le bâtiment sur leur durée de vie.  Le second est la contribution liée au chantier, elle est comptabilisée uniquement durant la phase de construction du projet.

Le seuil de chaque contributeur de Ic sera réduit de façon progressive. Pour l’indicateur lié aux composants, il sera réduit en 2025, en 2028 et en 2031. Cette variation du seuil permet dans un premier temps de continuer à réaliser des bâtiments avec le même type de composition qu’actuellement. Avec le seuil de 2031, les bâtiments composés de béton devront trouver des alternatives afin de réduire leur empreinte carbone. Le seuil à respecter concernant l’indicateur Ic énergie rendra non conforme, dès janvier 2022, les projets de maisons individuelles ayant comme chauffage principal un chauffage au gaz.

Comment rendre conforme les indicateurs ?

Le Bbio et la Cep sont définis par des facteurs similaires à la RT2012. Leur réduction suit donc la même logique que lors de la présentation de l’étude fictive dans la PARTIE B – IV – p28. La seule différence est la prise en compte du refroidissement ayant notamment pour conséquence de renforcer l’impact de l’inertie sur le Bbio.

Pour baisser la Cep,nr, il faut augmenter la part d’énergies renouvelables consommées. On peut par exemple utiliser un chauffage bois qui est considéré comme 100% renouvelable. L’autre alternative est de réduire la Cep.

Pour réduire l’indicateur lc énergie, on peut réduire l’énergie primaire consommée. On peut également réduire l’impact carbone de l’énergie utilisée.

Pour diminuer le degré-heure, une solution est d’augmenter l’inertie du bâtiment. Avec une inertie importante, la chaleur de la journée va être progressivement cédée à l’extérieur durant la nuit, permettant de réduire la température des murs. Par la suite, pendant la journée, la pièce va de façon progressive céder de sa chaleur aux murs. Un autre moyen de réduire la chaleur d’été est la mise en place de protections solaires sur les fenêtres comme des volets roulants. Le soleil étant rasant l’hiver et haut par rapport à l’horizon l’été, on peut également mettre en place des casquettes sur les façades sur, sud-est et sud-ouest afin de réduire les rayonnements solaires en été sans les réduire en hiver.

L’évolution progressive des logements collectifs

Sous la RT2012, contrairement aux maisons individuelles où le système de chauffage est réalisé en majorité par des pompes à chaleur, les logements collectifs sont en majorités construits avec un système de chauffage au gaz. Or l’objectif de la RE2020 est de favoriser des systèmes de chauffage ayant un faible impact sur l’environnement, ce qui exclue le chauffage au gaz (figure 33). Cette contrainte étant plus difficile à réaliser pour les logements collectifs, du fait en particulier de l’encombrement du système de chauffage, des échéances ont été fixées afin de permettre aux entreprises de la construction d’utiliser des solutions de chauffage alternatives. Les solutions principales consistent à relier à un réseau de chaleur ou à utiliser des pompes à chaleur. Pour les logements collectifs souhaitant se relier à un réseau de chauffage urbain, cela se fera en trois étapes. L’indicateur Ic énergie sera réduit en 2025, puis en 2028 pour laisser le temps aux réseaux de chaleur urbains d’augmenter leur part d’énergies renouvelables dans leur production. Pour les autres systèmes de chauffage, la mise en place se fera en deux étapes, avec une réduction de l’indicateur Ic énergie à partir de 2025 rendant non conforme les projets de construction avec un chauffage au gaz.

Le test de fin de chantier

Les vérifications de fin de chantier sont également améliorées. La perméabilité à l’air du bâtiment est contrôlée de façon similaire au contrôle effectué avec la RT2012. La nouveauté avec la RE2020 est la vérification du système de ventilation. Ses performances sont mesurées afin de vérifier la correspondance avec l’étude.